Sécurité routière: Sarkozy annonce un ambitieux train de mesures
Davantage de radars fixes et mobiles, éthylotest bientôt obligatoire dans chaque voiture, limitateurs automatiques de vitesse: Nicolas Sarkozy a dévoilé mercredi une série de mesures ambitieuses sur la sécurité routière qui, si elles sont appliquées, changeront la conduite en France.
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photo : Philippe Wojazer, AFP
En arrivant au pouvoir, le président avait "assigné au gouvernement l'objectif ambitieux" de 3.000 tués par an sur la route en 2012, a-t-il rappelé lors d'un discours à l'Elysée où il a préconisé "la création d'une journée nationale pour les victimes de la route".
L'objectif ne sera pas tenu pour 2011 - sauf accident statistique, autour de 4.000 personnes auront péri au 31 décembre - et semble inatteignable pour 2012, même si Nicolas Sarkozy a souhaité "un nouvel élan" pour y parvenir.
Premier point hérissant une partie de l'électorat, les radars fixes: "La France en compte 2.080 à ce jour. Je souhaite que 400 radars fixes supplémentaires soient déployés" pour fin 2012, a déclaré M. Sarkozy.
"Ces radars ne seront plus annoncés par des panneaux, et ne pourront plus être signalés en tant que tel par les systèmes d'avertissement entre automobilistes", a-t-il ajouté.
Les radars fixes restent néanmoins annoncés par des "radars pédagogiques", qui indiquent la vitesse sans sanctionner.
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Sur ce sujet délicat, Nicolas Sarkozy a tenu à rappeler qu'"en aucun cas", les radars ne constituent des "recettes budgétaires faciles". "L'argent de la sécurité routière revient intégralement à la route et ses usagers".
Il a également souhaité que les radars mobiles de nouvelle génération (mesurant la vitesse des voitures à partir d'un véhicule de police en mouvement), actuellement en test, soient "généralisés avant la fin du 1er semestre" 2012 - le calendrier était initialement calé sur fin 2012.
Concernant la lutte contre l'alcool au volant (31% des accidents mortels), la présence d'un éthylotest dans chaque véhicule sera rendue "obligatoire" au "printemps prochain".
"Il s'agit du +ballon+ dans lequel on souffle, qu'il faudra avoir dans sa voiture sous peine d'écoper d'une amende de 11 euros", a précisé le délégué interministériel à la sécurité routière, Jean-Luc Névache.
A partir de jeudi, les discothèques et bars à ambiance musicale devront déjà mettre des éthylotests à disposition de leurs clients.
Et le gouvernement songe à aller beaucoup plus loin: selon une source gouvernementale, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a saisi Bruxelles pour rendre obligatoire dans l'UE l'installation d'éthylomètres anti-démarrage dans chaque voiture (obligation de souffler avant de démarrer et blocage en cas de contrôle positif).
Quant à la lutte contre la vitesse, le président a demandé aux autorités compétentes une feuille de route pour le déploiement du Lavia (Limitateur s'adaptant à la vitesse autorisée), dont il espère "des résultats remarquables". Opérationnel depuis 2006, le Lavia est un système GPS régulant lui-même la vitesse des voitures, jusqu'à présent délaissé.
Enfin, le président a jugé "pas normal qu'en 2010, 24% des morts soient des utilisateurs de deux-roues alors qu'ils ne représentent que 2% du trafic", demandant "un effort".
Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, a salué des annonces "majeures" qui "vont dans le bon sens", ajoutant "regretter qu'elles n'aient pas été faites plus tôt".
Le vice-président de l'association Victimes et Citoyens Vincent Julé-Parade, regrettant un discours "tardif", a néanmoins salué "une remise sur les rails de la sécurité routière" qui "va obliger les autres candidats (à la présidentielle) à prendre position."